LE VILLAGE

Riche d’un passé plus que millénaire, Rosheim fut  habité dès le néolithique. Le site est mentionné pour la première fois dans un document écrit en 778. La bourgade prend son essor sous les Hohenstaufen, accède au rang de ville en 1257, devient ville impériale en 1307 et adhère à la Décapole en 1354. Elle connaît une grande prospérité au XVIe siècle mais sera durement éprouvée par la guerre de Trente Ans et vit difficilement ses premières heures françaises, avant de retrouver une certaine aisance à la veille de la Révolution. Le XIX° siècle voit Rosheim sortir de ses murs et s’ouvrir à la modernité avec l’arrivée du chemin de fer et l’installation de quelques entreprises industrielles. Au fil des années, Rosheim perd peu à peu son caractère rural et artisanal pour devenir un bourg – centre.

DES PAROISSES…A LA COMMUNAUTE DE PAROISSES

Depuis le XIe s, l’existence de deux paroisses est attestée : saints Pierre et Paul pour la ville basse et saint Etienne pour la ville haute. Chacune a son clergé propre ; saints Pierre et Paul dépend de l’abbaye de Hesse, tandis que saint Etienne relève du Grand Chapitre de Strasbourg. Le pèlerinage du Bruderberg, lui, est longtemps le siège d’un chapitre rural du diocèse où les prêtres se réunissent et s’entraident. Plusieurs chapelles et croix réparties sur le ban communal de Rosheim

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témoignent de la piété populaire, tout comme la décision du Magistrat, en 1696, d’honorer tout spécialement la Vierge Marie en sa Nativité pour sa protection de la cité durant la guerre de Trente Ans et les conflits suivants. En 1803, les deux paroisses sont regroupées en une seule, sous l’autorité d’un « recteur » assisté d’abord de deux puis d’un seul vicaire. Par la suite, un seul prêtre dessert la paroisse. Le réaménagement pastoral entraîne la création des Communautés de Paroisses et celle de Rosheim devient membre de la communauté du Rosenmeer, sous le patronage d’un enfant de la cité, saint Modeste ANDLAUER.
L’EGLISE SAINTS PIERRE ET PAUL (fêtés le 29 juin) 

Elle est sans conteste le joyau de la ville mais aussi un témoin majeur de l’art roman à son apogée en Alsace. Monument très visité par les touristes, fréquemment demandé comme lieu de concerts, il demeure avant tout le lieu de rassemblement de la communauté chrétienne pour y célébrer le Seigneur, Jésus Christ. Pureté et homogénéité du style, élégance et beauté des formes et de la pierre de taille, richesse du décor sculpté caractérisent cette église, construite vers 1150 et classée monument historique dès 1840. La pénombre qui règne à l’intérieur, le caractère massif et imposant de l’ossature voûtée, la sobriété et le dépouillement des murs peuvent surprendre mais dégagent une impression de quiétude apaisante et invitent au recueillement. Un orgue, dernière œuvre d’Andréas Silbermann en 1733, trône à l’étage de l’ancienne tour-chœur, vestige d’une église primitive.

L’EGLISE SAINT ETIENNE (fêté le 26 décembre) 

De l’église primitive ne subsiste que le clocher actuel, de style roman tardif, qui abrite la chapelle baptismale. L’édifice actuel est construit juste avant la révolution de 1789 selon les plans de l’architecte Nicolas Salins de Montfort, qui restaura également le château des Rohan à Saverne. Il est caractéristique du style néo-classique en vogue à la fin du XVIIIe siècle basé sur les principes de simplicité géométrique et de grandeur : la façade avec son portail monumental en est une parfaite illustration! Le plan de l’église correspond à une nef unique, rectangulaire de 18.5m x 35 m. Le mobilier – maître-autel, autels latéraux, chaire, confessionnaux, grille du banc de communion – est d’origine, ce qui confère à l’ensemble une grande unité. Les trois retables détruits durant la Révolution ont été remplacés en 1800. Ils représentent la lapidation de saint Etienne, la nativité de la Vierge et sainte Catherine. Les vitraux datent du début du XX° siècle. Une tribune, à la concavité opposée à celle de la grille du banc de communion, supporte un orgue Stiehr – Mockers de 1860, complété par une traction électro-pneumatique de Rinckenbach. L’église est classée monument historique depuis 1990.

Bruderberg, lieu de pèlerinage

Il est connu pour sa chapelle érigée sur une petite colline entre Rosheim et Bischoffsheim. Ses origines et son fondateur restent inconnus. Les vestiges les plus anciens remontent au 14e siècle et l’on ignore s’il y avait un édifice antérieur en ces lieux.

Depuis le 15e siècle, la chapelle est consacrée à Notre-Dame des Sept Douleurs, à Saint Thiébaut et à Saint Gangolf et devint un lieu de pèlerinage qui connut des jours de grande affluence lors des fêtes de la Vierge, notamment le 15 septembre, fête de Notre Dame des Sept Douleurs, lors du Vendredi Saint ou lors des processions des Rogations (les trois jours précédant l’Ascension).

Au 19e siècle quand sévissait l’épidémie du typhus et en 1918 celle de la dysenterie, l’on y organisait des processions de pénitence qui attiraient la grande foule.

  • Le Chapitre rural du Bruderberg

Lieu de pèlerinage connu dans toute la contrée depuis le 15e siècle, le Bruderberg fut également, pendant l’Ancien Régime jusqu’en 1790, le siège du Chapitre rural.

Le Chapitre Rural est un regroupement de paroisses (on en dénombrait jusqu’à 40 !) sous la présidence d’un archiprêtre ou doyen, élu à vie, chargé de la surveillance du clergé, des églises, des cimetières et écoles de son district. Il est assisté d’un camérier qui le seconde et, au besoin, le remplace.

Avec les desservants des paroisses, ils se réunissaient périodiquement pour défendre leurs intérêts tant spirituels que temporels. Les prêtres de paroisse isolés ont toujours éprouvé le besoin de s’unir, de s’assurer des prières après leur mort, de se prêter assistance.

A l’époque, le clergé, portait le nom très évocateur de fraternitas (« les frères », est-ce l’origine du nom «Bruderberg» Mont des Frères, ….??)

Même si le siège du chapitre rural a « émigré « en fonction du lieu de résidence du doyen, comme à Rosheim ou à Bischoffsheim ou à Obernai, pour devenir le chapitre rural de ces localités, on voit figurer parallèlement « chapitre rural du Bruderberg » car la chapelle en représentait, pour ainsi dire, le cœur et elle conservera toujours une place importante dans la vie spirituelle et matérielle du chapitre :

  • On y célèbre, lors des fêtes liturgiques tout comme chaque vendredi, un office destiné aux pèlerins
  • Les offrandes recueillies à Laetare (4e dimanche de Carême) – qui est également le jour anniversaire de la dédicace ou consécration de la chapelle – ou lors des fêtes patronales ou le Vendredi Saint ou lors des Rogations, fêtes qui toutes attiraient un grand nombre de pèlerins, ces offrandes reviennent au Chapitre.
  • Les heures sombres du Bruderberg

En 1525, les paysans révoltés pillèrent la chapelle. La Réforme et la guerre de Trente Ans provoquèrent la décadence des chapitres ruraux qui peinaient à rentrer les loyers de leurs terres et n’ont pas pu empêcher le déclin moral du clergé paralysé dans le formalisme.

Le chapitre rural survivra tant bien que mal jusqu’à la Révolution.

A ce moment-là, le Bruderberg devient bien national, et sera acquis par des particuliers. Ceux-ci en exploitèrent le calcaire pour le transformer sur place en chaux vive, ce qui explique l’important dénivelé du site. En 1835, le curé Raess de Rosheim devient le propriétaire de la partie occupée par la chapelle et la maison : il lèguera le bien à la paroisse, à condition qu’il soit habité par « un bon frère ermite »

  • Les gardiens de la chapelle et l’instruction prodiguée par les ermites en hiver

La garde du sanctuaire est confiée à un sacristain, habitant la maisonnette qui jouxte la chapelle, chargé de nettoyer la chapelle, de sonner la cloche, d’ouvrir et de fermer la porte, de servir la messe, de cultiver les terres alentour appartenant au chapitre.

Parmi ces gardiens, certains sont des laïcs, d’autres des ermites (ce n’étaient ni des moines, ni des clercs).

Durant les mois d’hiver, ces ermites instruisaient les enfants des environs jusqu’à la Mi-Carême, date à partir de laquelle, les jeunes devaient prêter main-forte à leurs parents pour les travaux des champs. Il était d’usage que les enfants ayant bénéficié de l’instruction de l’ermite lui offrent des présents à la Mi-Carême.

Le Bruderberger Messti qui, jusqu’au début du 20e siècle, se tenait au pied de la colline du Bruderberg, est peut-être un rappel de cette charmante coutume !

Les derniers ermites appartenaient au Tiers-Ordre de St François d’Assise et quittèrent les lieux à la fin du 19e siècle.

  • La vocation du Bruderberg de nos jours

Après une période d’abandon, la fin du 20ème siècle vit l’intervention de bénévoles qui remontèrent leurs manches pour restaurer la chapelle et la maison historique. Puis, René Meyer et son épouse prirent la relève. Grâce à leur travail assidu et inlassable pendant 33 ans, avec le soutien de nombreux bénévoles, le Bruderberg fut aménagé et entretenu pour en faire un lieu de ressourcement aussi bien spirituel que corporel.

Le Bruderberg continue d’attirer pèlerins, touristes, et personnes qui cherchent à se laisser émerveiller par la nature.

Depuis 2017, la paroisse de Rosheim, par son conseil de fabrique, a repris la responsabilité du lieu, son animation et son entretien.

  • Le chapelet est prié régulièrement le dimanche et à certaines occasions en semaine.
  • Le 3ème dimanche du mois – du printemps à l’automne – la messe dominicale est célébrée à la chapelle.
  • Le jour de l’Ascension, les pèlerins de la communauté du Rosenmeer (les 4 paroisses : Bischoffsheim, Griesheim, Rosenwiller Rosheim) et au-delà, y convergent – certains venant d’ailleurs à pied – pour participer à la messe célébrée en plein-air et pour passer une journée de convivialité et de fraternité sur cette colline… » Bruder – berg « oblige » !!!